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Spa Quebec Magazine

Par : Sandra Alexcae Moren
B. Ed, conseillère, auteure
206 567-2612
kryonspaconsulting.com

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Qu'est-il advenu de l'expérience agréable à laquelle on s'attendait en se rendant dans un spa ou un salon de pédicure? Beaucoup de consommateurs avertis ont peur de s'offrir un soin des pieds. J'ai récemment reçu un appel téléphonique de la part d'une cliente très mécontente à la suite d'une expérience très effrayante vécue chez son pédicure. Jason Macdonald, un agent en hygiène de
l'environnement, basé à Edmonton, en Alberta, nous a mis en contact. Je travaille en étroite collaboration avec les inspecteurs-hygiénistes afin d'être au fait des derniers développements en ce qui concerne le contrôle des infections et les directives en la matière pour les secteurs des soins esthétiques et de la coiffure. Quand vient le temps de créer ou de rédiger des manuels de
protocoles ou de procédures pour spas et salons, je m'assure d'obtenir les renseignements les plus récents.

En tant que consultante pour spas et salons, cosmétologue, éducatrice et ancienne directrice de spa, je suis outrée par la situation qui sévit actuellement dans l'industrie. Je crois que les consommateurs y apporteront les changements requis, car ils en ont assez des dangers sanitaires auxquels ils s'exposent lorsqu'ils se procurent des services dépourvus de professionnalisme. J'ai
intégré à cet article l'histoire de cette cliente, car elle a bien voulu la partager avec moi. Nous appellerons cette consommatrice Lori, et voici ce qu'elle m'a écrit suite à notre entretien téléphonique.

« J'ai vécu une expérience dans un salon de soins des ongles qui m'a poussée à vous appeler, Sandra. Je désire savoir si d'une quelconque manière, mon histoire peut contribuer à la mise en applications de règles strictes en matière de licence pour toute personne travaillant dans l'industrie des soins personnels. »

« J'ai été malade au cours des huit dernières années. Je me suis battue et j'ai remporté mon combat contre la bactérie mangeuse de chair, ainsi que contre la péritonite; et l'on m'a récemment
diagnostiqué une infection staphylococcique chronique. Cette infection sème le chaos dans ma vie. On m'a d'ailleurs retiré tous les muscles abdominaux puisque la maladie mangeuse de chair ne voulait pas se résorber. Depuis mes chirurgies, je suis incapable de travailler et de pratiquer la plupart de mes activités sans souffrir; et évidemment, je dois consulter un médecin ou une infirmière au moins une fois par semaine depuis plus d'un an. Néanmoins, je suis prête à reprendre la maîtrise de ma vie. »

« J'ai aussi appris que j'étais diabétique, alors les soins des pieds constituent un problème, surtout en raison de l'infection chronique. La peur de perdre un membre à cause de l'infection est très fondée, et il ne fait aucun doute que si la blessure abdominale avec laquelle je suis actuellement aux prises s'était trouvée sur un membre, on m'aurait déjà amputé la région infectée. En tant que personne
diabétique, je dois être particulièrement prudente lorsque je taille mes ongles d'orteils et je dois inspecter mes pieds afin d'être certaine qu'ils ne présentent pas de plaie ou d'infection. »

« Récemment, je me suis rendue dans un institut ici, à Edmonton, afin de recevoir un soin des pieds. J'ai informé celle qui s'occupait de moi du fait que j'étais diabétique, en pensant qu'elle saurait me traiter adéquatement. Au cours de ma séance de soin, une autre cliente est entrée; on lui a conseillé d'attendre 10 minutes. Une jeune fille trimballant un sac à dos a aussi franchi le seuil de
l'établissement; d'après son apparence, j'ai présumé qu'elle était étudiante au secondaire. On lui a alors demandé de poursuivre mon soin des pieds. Elle a fait du bon travail, mais elle a utilisé un couteau de pédicure, ce que je refuse catégoriquement lorsqu'on m'en demande la permission. Elle s'est exécutée si rapidement que je n'ai pas eu le temps de lui dire que je n'avais jamais recours au couteau étant donné que je suis encline à l'infection. Qui plus est, elle a également coupé mes cuticules; et selon ce que je sais, une fois qu'on l'a fait, il faut toujours le refaire parce qu'ils repoussent sans arrêt. »

« Alors, mon traitement s'est achevé et j'étais sur le point d'obtenir un joli vernis français lorsqu'on m'a demandé de changer de siège afin de pouvoir utiliser cette station pour une autre personne. J'ai alors remarqué la même jeune fille qui tenait un vaporisateur indiquant « Spic n' Span » au-dessus du bassin. Elle y a fait couler de l'eau, a ramassé le produit nettoyant et le petit chiffon qu'elle avait apporté (et qu'elle n'a jamais utilisé) de même que le plateau d'instruments sales ayant servi pour mon soin des pieds, puis elle a placé le tout dans le lavabo. Après quoi, elle a rincé les objets avec de l'eau, puis les a disposés à côté de ce que j'ai cru être un quelconque stérilisateur. »

« La cliente suivante a reçu pour instruction de s'asseoir à la station de rinçage. Les instruments et un petit banc NON stérilisés ont été apportés à la station NON nettoyée et le bassin a été rempli en vue de lui procurer son soin alors que je quittais l'endroit. En attendant de recevoir son service, cette cliente a déclaré qu'elle avait passé la journée à l'hôpital; elle marchait au moyen d'une canne et elle boitait manifestement. Je sais pertinemment que je suis atteinte d'une infection staphylococcique chronique, laquelle a été causée par une bactérie présente sur la peau de tout un chacun et qui ne pose jamais problème à moins d'avoir un système immunitaire vulnérable. La station qui a été utilisée pour l'exécution de mon soin des pieds n'a pas été stérilisée de quelque façon que ce soit après que l'on m'ait demandé de changer de siège. Cela me rend malade de penser que ce manquement ait pu empirer la condition de cette cliente. »

« Le fait d'avoir pris deux douches successives en arrivant à la maison et d'avoir immergé mes pieds dans le javellisant, m'a poussé à appeler Jason. C'est lui qui m'a recommandé de
communiquer avec vous, Sandra. J'aimerais voir instaurer des réglementations adéquates afin de garantir la sécurité des gens, et faire en sorte que quiconque souhaite se faire un tant soit peu plaisir puisse vivre une expérience positive. »

Après avoir entendu l'histoire de Lori, je lui ai posé quelques questions auxquelles elle a répondu. Voici ses réponses : « Elles ne m'ont même pas demandé mon nom, ni donné le leur, lorsque je suis arrivée au salon, et il n'y avait aucun formulaire à remplir; je leur ai dit que j'étais diabétique. Elles ont procédé de la même façon avec d'autres clientes. Cependant,  je ne peux pas affirmer si elles connaissaient ou non ces dernières.  Oui, elles portaient des gants bleus lorsqu'elles dispensaient les soins des pieds. À vrai dire, votre question soulève une autre inquiétude : il est très rare que je rencontre des gens parlant l'anglais dans les établissements de soins des ongles affichant des prix raisonnables. Cet établissement en particulier était exploité par une famille qui
parlait un anglais plutôt limité. On n'y retrouvait  pas les produits requis pour la stérilisation, ni les connaissances nécessaires pour prévenir la transmission de l'infection. Je doute fortement que leurs procédures eussent changé si je les avais informé au sujet de mon infection. »

Il s'agit d'une histoire désolante pour une industrie censée procurer des expériences agréables à ses clients! Les infections causées par les soins des pieds sont très faciles à contracter lorsque les
directives de désinfection ne sont pas respectées; elles peuvent s'avérer très dangereuses, mener jusqu'à l'amputation et même
entraîner la mort.

Alors, voici les recommandations que j'ai émises suite à l'analyse de cette histoire :

• Instaurer des directives plus strictes lors du processus d'octroi de licence aux établissements offrant ces services.

• Établir des directives plus rigoureuses en vue de la certification des personnes qui désirent dispenser de tels services.

• Élaborer des directives plus sévères quant à l'enseignement de cette technique dans les institutions qui offrent ce genre de formation.

• Instaurer un processus de certification continue pour se maintenir à jour sur différents sujets, tels que les nouveaux défis en matière de santé et de sécurité, ainsi que les
nouvelles directives associées aux infections, à l'hygiène et aux produits.

• Fournir des renseignements en continu au public en ce qui a trait aux directives en matière d'infection et d'hygiène.


En réponse aux inquiétudes soulevées, en ce qui a trait au contrôle des infections au sein de l'industrie du spa et des salons, j'ai demandé à Monica Wartenburg (formatrice nationale en pédicurie, spécialisée dans la formation en contrôle d'infection et détenant 27 années d'expérience en nutrition, ainsi qu'en soins esthétiques du visage et du corps) de partager certaines de ses opinions à ce sujet. Elle a déclaré : « En tant que formateurs nationaux, ils nous incombent de fournir, à l'industrie, des technologies et des produits chimiques de pointe, pour le nettoyage et la désinfection, qui sont conformes aux normes de Santé Canada. Nous œuvrons en fonction de ces protocoles établis afin d'assurer le bien-être et la sécurité de tous les consommateurs et la prestation des meilleurs soins professionnels. »

« Des directives ont été instaurées par Santé Canada pour toutes les industries - les hôpitaux, les centres de soins de santé, les piscines et les restaurants - y compris les spas et les salons.
Toutefois, ce qui était autrefois considéré comme étant des pratiques acceptables, en ce qui a trait au nettoyage, a évolué vers des pratiques plus rigoureuses. »

« Les clubs sportifs en sont un bon exemple - ils sont passés de l'utilisation de serviettes en tissus et de solution nettoyante, à des serviettes jetables employées avant et après chaque utilisation de l'équipement d'entraînement - et ce, depuis huit mois seulement! Et que dire de l'épidémie de SRAS ayant forcé les hôpitaux à réévaluer leurs pratiques en matière de nettoyage? Tous se
souviendront de la frénésie entourant la grippe H1N1 et des avis demandant aux gens de rester à la maison en cas de maladie! Il a fallu apprendre à se laver les mains de manière plus rigoureuse, et à tousser dans sa manche - À DEMEURER À LA MAISON SI SA SANTÉ ÉTAIT COMPROMISE DE QUELQUE MANIÈRE QUE CE SOIT. Beaucoup d'entreprises, surtout des restaurants et des spas, sont demeurées vides durant ces périodes d'épidémie. » Des tendances générales, en matière de conscience sanitaire, se sont dessinées par l'utilisation quotidienne de désinfectant à main, et par le nettoyage fréquent des ordinateurs et téléphones portables.

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Par respect pour l'univers des salons et des spas, nous continuons d'améliorer nos méthodes de nettoyage, tout en travaillant avec le Conseil sur la santé. Ces pratiques incluent une charte complète relative aux antécédents médicaux des clients afin de s'assurer que tous les protocoles et les mesures de sécurité sont respectés. Accel est un produit fabriqué par Virox, une société spécialisée dans les produits de contrôle d'infection utilisés dans plusieurs industries : les hôpitaux, la GRC, les navires de croisière, etc. Qui plus est, Santé Canada et Virox travaillent de concert afin de
s'assurer que tous les protocoles de sécurité et de contrôle des infections sont respectés.

Cet article a pour but de sonner l'alarme pour les propriétaires d'établissement et les personnes qui pratiquent la pédicurie. L'une des plus grandes responsabilités qui nous incombent, en tant que personnes œuvrant dans l'industrie de la cosmétologie, est de protéger la santé et la sécurité de nos clients, ainsi que la nôtre.

Afin d'établir des relations fondées sur la confiance et le respect, il est important de connaître et d'appliquer les réglementations et les normes de cette profession. L'adoption de normes rigoureuses en matière de santé est impérative afin de protéger autant le personnel œuvrant dans les établissements que la clientèle qui les fréquente. Le contrôle des infections et des maladies constitue un aspect vital et crucial de cette profession, et c'est possible d'y parvenir en appliquant de manière constante certaines directives et procédures.

Avec tous les nouveaux virus qui émergent, nous devons nous assurer que nos procédures de nettoyage et de désinfection sont adéquates et conformes aux directives de Santé Canada. Que faites-vous, en tant que personne évoluant dans l'industrie, pour garantir votre propre santé et votre propre sécurité ainsi que celles de vos précieux clients?